John Difool, minable détective privé de classe R, se retrouve propulsé dans une invraisemblable aventure galactique. La survie de l'Univers dépend peut-être d'un être aussi pathétique... Prototype même de l’anti-héros, il est aussi attachant que repoussant. Ce sont, sans doute, les traits controversés de son caractère qui permettent à chaque lecteur de se retrouver un peu en lui. L’univers décadent dans lequel il évolue le place, au début du récit, bien au-dessus de ses semblables : s’il use et abuse de l’alcool, des homéoputes et de la drogue, il continue néanmoins à analyser, à critiquer, à résister. Détective privé de classe « R », il est présenté comme un minable. Rien ne le prédestinait à recevoir l’Incal lumière mais les apparences sont parfois trompeuses et ses défauts cachent des qualités. L’Incal l’entraîne dans une aventure dont il ne mesure pas toujours les enjeux, l’expose à mille dangers dont il sort toujours indemne, le plus souvent grâce aux interventions des autres membres du groupe.
Moebius traduit dans les traits de son visage l’état dans lequel il se trouve - repoussant de laideur, déformé par la colère, en prise aux tourments, rayonnant de beauté – contribuant ainsi à la rendre plus vivant que jamais. DEEPO, l’animal domestique de John Difool, une mouette « à béton », joue auprès de John le rôle du psychanalyste en lui rappelant sans cesse qu’il ne doit pas se laisser dominer par l’une ou l’autre partie de lui-même.
Publié entre 1981 et 1988
Au dessin : Jean Giraud Moebius
Au scenario : Alexandro Jodorowsky & Moebius